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Prix de l'immobilier par région en 2026 : le Grand Est reste le moins cher, la Bretagne explose

Prix de l immobilier par region en 2026 le grand est reste

Les données de l'Observatoire des marchés immobiliers (OMI) publiées sur data.gouv.fr dressent un tableau sans appel : l'écart entre les régions les plus abordables et les plus chères s'est creusé entre 2019 et 2026. La Bretagne a enregistré la plus forte hausse de France métropolitaine, avec une progression de 39,3 % du prix moyen au m². L'Île-de-France reste la région la plus chère, mais avec la croissance la plus modérée.

Ces chiffres proviennent des données de valeurs foncières (DVF), la source officielle de l'État pour le suivi des transactions immobilières. Chaque vente est déclarée, géolocalisée à la commune, et enrichie du prix au m². L'agrégation par région repose sur les communes ayant enregistré au moins 5 transactions en 2026, un seuil qui garantit la représentativité des moyennes.

Le classement complet des prix au m² par région

En 2026, le prix moyen au m² varie de 1 574 € dans le Grand Est à 3 802 € en Corse, soit un écart de plus de 2,4 fois entre la région la moins chère et la plus chère. Ce n'est pas un détail : pour un appartement de 60 m², la différence de prix total dépasse 133 000 €.

Région Prix moyen
au m² (2026)
Prix moyen
au m² (2019)
Évolution
2019-2026
Ventes
(2026)
Grand Est 1 574 € 1 344 € +17,2 % 23 430
Centre-Val de Loire 1 620 € 1 423 € +13,9 % 28 132
Bourgogne-Franche-Comté 1 662 € 1 410 € +17,9 % 27 577
Hauts-de-France 1 825 € 1 618 € +12,8 % 55 454
Nouvelle-Aquitaine 1 858 € 1 527 € +21,6 % 70 443
Pays de la Loire 1 876 € 1 502 € +24,9 % 45 890
Normandie 2 025 € 1 632 € +24,1 % 37 987
Occitanie 2 067 € 1 730 € +19,5 % 75 035
Bretagne 2 154 € 1 546 € +39,3 % 42 063
Auvergne-Rhône-Alpes 2 543 € 2 070 € +22,9 % 86 436
Île-de-France 3 370 € 3 034 € +11,1 % 106 348
Provence-Alpes-Côte d'Azur 3 541 € 2 905 € +21,9 % 72 811
Corse 3 802 € 3 148 € +20,8 % 3 123

La Bretagne, la région où l'immobilier a le plus explosé

La Bretagne est la grande surprise de cette période. Avec une hausse de 39,3 % du prix moyen au m², elle affiche la plus forte progression de France métropolitaine, loin devant ses voisines. En cinq ans, le prix moyen est passé de 1 546 €/m² à 2 154 €/m², faisant grimper la région de la 12e à la 9e place du classement.

Plusieurs facteurs expliquent cette envolée. La déménographie bretonne est l'un des moteurs principaux : la région attire de plus en plus de nouveaux résidents, notamment des télétravailleurs et des retraités venus de l'Île-de-France ou des pays voisins. La pénurie de logements se fait sentir, en particulier dans les zones côtières comme le Morbihan ou les Côtes-d'Armor, où l'offre ne suit pas la demande.

Le phénomène n'est pas nouveau, mais il s'est accéléré après 2020 avec la généralisation du télétravail et le mouvement de désurbanisation amorcé pendant la pandémie. Les grandes villes bretonnes comme Rennes, qui ont vu leur attractivité renforcée, ont tiré les prix vers le haut dans tout le territoire régional.

Les régions périphériques de l'Île-de-France en forte hausse

Les Pays de la Loire (+24,9 %) et la Normandie (+24,1 %) confirment leur rôle de zone tampon autour de la capitale. Ces deux régions bénéficient d'un effet d'aubaine : les ménages qui ne peuvent plus se loger en Île-de-France déversent leur demande sur les départements limitrophes, notamment le Val d'Oise, l'Eure, la Seine-Maritime et la Loire-Atlantique.

La Nouvelle-Aquitaine (+21,6 %) et la PACA (+21,9 %) maintiennent leur dynamique de hausse, portée par l'arrivée continue de nouveaux résidents et la pénurie structurelle de logements. Dans ces régions à forte attractivité touristique, une partie de l'offre est captée par le location saisonnière, ce qui réduit encore le stock disponible pour les résidents permanents.

L'Auvergne-Rhône-Alpes (+22,9 %) n'est pas en reste, tirée par Lyon et la métropole grenobloise qui attirent les jeunes actifs. La région concentre d'ailleurs le plus grand nombre de ventes après l'Île-de-France, avec 86 436 transactions en 2026.

L'Île-de-France : la plus chère, mais la plus stable

Avec 3 370 €/m² en moyenne, l'Île-de-France reste la région la plus chère de France métropolitaine hors Corse et PACA. Mais c'est aussi celle qui affiche la plus faible progression sur la période (+11,1 %), ce qui n'est pas sans signification.

Un marché déjà saturé, des prix initialement très élevés, et une offre de construction neuve qui a partiellement compensé la demande : autant de facteurs qui modèrent la hausse. En revanche, l'Île-de-France domine largement en volume avec 106 348 transactions en 2026, soit près de 16 % du total national. Le marché francilien reste le plus liquide de France.

Il faut aussi nuancer : la moyenne régionale masque des écarts considérables entre les départements. Le prix au m² dans les Hauts-de-Seine (92) ou les Yvelines (78) est bien supérieur à celui de la Seine-Saint-Denis (93) ou du Val-de-Marne (94), ce qui dilue la moyenne et rend les comparaisons inter-départementales plus instructives que les moyennes régionales.

Le Grand Est et les Hauts-de-France : les dernières zones abordables

Le Grand Est (1 574 €/m²) et les Hauts-de-France (1 825 €/m²) forment le dernier rempart de l'immobilier abordable en France métropolitaine. Avec des progressions modérées (+17,2 % et +12,8 %), ces régions attirent les premiers acheteurs et les ménages aux budgets serrés.

Le Centre-Val de Loire (1 620 €/m²) et la Bourgogne-Franche-Comté (1 662 €/m²) se situent dans la même fourchette, avec des hausses comparables. Ces quatre régions partagent un point commun : une démographie moins dynamique et un marché de l'emploi moins porteur que dans les régions sud ou ouest, ce qui freine la pression sur les prix.

La question est de savoir si cette situation va durer. Avec la généralisation du télétravail et la mobilité accrue, les régions les moins chères deviennent progressivement attractives pour des ménages qui n'y auraient pas vécu il y a dix ans. La dynamique observée en Bretagne pourrait bien se reproduire ailleurs dans les années à venir.

Le volume des ventes : qui achète le plus en 2026 ?

En termes de nombre de transactions, l'Île-de-France domine avec 106 348 ventes, devant l'Auvergne-Rhône-Alpes (86 436), l'Occitanie (75 035), la PACA (72 811) et la Nouvelle-Aquitaine (70 443). Ces cinq régions concentrent à elles seules plus de 410 000 transactions, soit environ 60 % du marché national.

En bas du classement, le Grand Est (23 430 ventes) et la Corse (3 123 ventes) enregistrent les volumes les plus faibles. Pour la Corse, c'est cohérent avec sa taille et sa population. Pour le Grand Est, cela reflète un marché moins liquide, où les transactions sont moins fréquentes et les délais de vente plus longs.

Le nombre de communes couvertes par les données varie aussi considérablement : la Nouvelle-Aquitaine compte 2 313 communes avec des transactions, contre seulement 96 pour la Corse. Cette différence d'échelle explique en partie les écarts de volume.

Les DOM-TOM : des marchés hors norme

Les données DVF ne couvrent pas systématiquement les départements d'outre-mer dans ce jeu de données agrégé. Les marchés immobiliers de la Guadeloupe, de la Martinique, de la Guyane, de La Réunion et de Mayotte fonctionnent selon des logiques propres.

Les subventions spécifiques (ANAH, PLAI, aides à la pierre) et les contraintes géographiques (îles, accès limité au foncier) influencent fortement les prix. À La Réunion par exemple, le prix au m² peut dépasser 3 000 € dans les zones urbaines, un niveau comparable à certaines régions métropolitaines, mais avec des revenus médians bien inférieurs.

À Mayotte, la situation est encore plus particulière : le marché informel pèse lourd, les constructions non déclarées sont fréquentes, et les données DVF ne capturent qu'une fraction des transactions réelles. Ces territoires nécessitent une analyse spécifique, hors du périmètre de cet article.

Ce que ces chiffres révèlent sur le marché immobilier français

Le tableau 2026 confirme trois tendances structurelles. Premièrement, la géographie de l'immobilier reste profondément inégalitaire : l'écart entre la région la moins chère et la plus chère dépasse 2,4 fois, un ratio qui n'a fait que s'élargir depuis 2019.

Deuxièmement, la désurbanisation se poursuit, mais de manière sélective. Les régions les plus attractives (Bretagne, Occitanie, Nouvelle-Aquitaine) voient leurs prix grimper, tandis que les régions moins dynamiques (Grand Est, Hauts-de-France) restent abordables. Ce n'est pas un mouvement uniforme : c'est un tri géographique qui avantage les territoires déjà prisés.

Troisièmement, le volume des transactions reste concentré dans quelques régions. L'Île-de-France, l'Auvergne-Rhône-Alpes et l'Occitanie représentent à elles seules plus du tiers des ventes nationales. Le marché immobilier français n'est pas un marché unique : c'est un ensemble de marchés régionaux aux dynamiques très différentes.

Pour les prospects acheteurs, le message est clair : les régions les moins chères aujourd'hui ne le resteront pas indéfiniment. La dynamique observée en Bretagne entre 2019 et 2026 montre qu'une région peut voir ses prix augmenter de près de 40 % en cinq ans. Pour les vendeurs, l'inverse est vrai : les régions les plus chères affichent des progressions plus modérées, ce qui signifie que le potentiel de gain est plus faible dans les zones déjà saturées.