liste des départements et régions en France

Déserts médicaux : les départements où les généralistes suivent le plus de patients

Deserts medicaux les departements ou les generalistes

La charge moyenne suivie par les médecins généralistes n'est pas répartie de façon homogène entre les départements. Dans certains territoires, un médecin traitant accompagne en moyenne bien plus de patients que dans d'autres, ce qui donne un indice concret de tension sur l'accès aux soins. Cette mesure ne dit pas tout d'un territoire, mais elle permet de repérer les zones où la recherche d'un praticien disponible peut devenir plus difficile.

Les données présentées ici proviennent de l'Observatoire de l'accès aux soins de l'Assurance Maladie, données disponibles au 31 décembre 2025. L'indicateur utilisé correspond au nombre moyen de patients ayant déclaré un médecin traitant par médecin généraliste. Plus cette moyenne est élevée, plus la patientèle suivie par chaque praticien est importante. Cette situation peut traduire un déficit d'offre médicale, une forte demande de soins, une structure démographique particulière ou une combinaison de ces facteurs.

Il faut donc lire ces classements avec prudence. Un département affichant une moyenne élevée n'est pas automatiquement dépourvu de toute offre de soins, et un département mieux placé peut conserver des difficultés dans certains cantons, communes rurales, quartiers urbains ou zones de montagne. L'intérêt de l'indicateur est d'objectiver une partie des déserts médicaux, sans remplacer l'analyse locale des temps d'attente, des départs à la retraite, des installations et des modes d'exercice.

Les départements où la patientèle moyenne est la plus élevée

Le haut du classement rassemble des départements ruraux, périurbains et franciliens. L'Eure-et-Loir arrive en tête avec 1523 patients par médecin traitant en moyenne, malgré une évolution annuelle de -3,7 %. Cette baisse ne suffit pas à faire disparaître la tension apparente : le niveau reste le plus élevé parmi les données fournies.

Le Val-d'Oise suit avec 1442 patients par médecin traitant et une évolution annuelle presque stable, à -0,3 %. La Mayenne affiche 1417 patients, avec une progression de 0,3 %. Le Cher, l'Essonne et la Nièvre se situent également au-dessus de 1380 patients par médecin traitant. Ces chiffres indiquent des charges moyennes importantes, avec des trajectoires annuelles différentes selon les territoires.

Départements avec les plus fortes patientèles moyennes par médecin traitant
Rang dans les données Département Code Patients par médecin traitant Évolution annuelle
1 Eure-et-Loir 28 1523 -3,7 %
2 Val-d'Oise 95 1442 -0,3 %
3 Mayenne 53 1417 0,3 %
4 Cher 18 1412 -1,1 %
5 Essonne 91 1408 0,2 %
6 Nièvre 58 1384 -5,8 %
7 Ain 1 1371 4,9 %
8 Seine-et-Marne 77 1364 1,0 %
9 Eure 27 1363 -1,2 %
10 Indre 36 1361 -1,5 %
11 Seine-Saint-Denis 93 1345 -1,5 %
12 Yonne 89 1329 2,1 %

La présence de départements franciliens dans ce groupe est notable. Le Val-d'Oise, l'Essonne, la Seine-et-Marne et la Seine-Saint-Denis ne relèvent pas du même profil que des départements plus ruraux comme la Nièvre, le Cher, l'Indre ou l'Yonne. Cela rappelle qu'une tension médicale ne se limite pas aux campagnes. Elle peut aussi concerner des territoires denses, où la population à couvrir est élevée et où la répartition des cabinets ne suit pas toujours les besoins.

Le cas de l'Ain attire l'attention par son évolution annuelle de 4,9 %, la plus forte hausse parmi les départements du haut de tableau. La donnée ne permet pas, à elle seule, d'expliquer cette progression. Elle peut provenir d'une hausse du nombre de patients déclarés, d'une modification du nombre de médecins disponibles, de mouvements démographiques ou d'autres effets propres au territoire. Sans informations détaillées sur les installations, les cessations d'activité et la population par âge, il serait imprudent d'aller plus loin.

Ce que mesure vraiment la patientèle par médecin traitant

La patientèle moyenne par médecin traitant est un indicateur simple à comprendre, mais il ne doit pas être confondu avec une mesure complète de l'accès aux soins. Il ne donne pas le délai pour obtenir un rendez-vous, ne distingue pas les médecins exerçant seuls de ceux travaillant en maison de santé, et ne décrit pas les plages horaires disponibles. Il ne précise pas non plus la part des patients âgés, atteints de maladies chroniques ou nécessitant un suivi rapproché.

Un médecin peut suivre une patientèle importante avec une organisation collective, des assistants médicaux ou une coordination locale efficace. À l'inverse, une moyenne plus faible ne garantit pas que tous les habitants trouvent facilement un médecin traitant, surtout si les cabinets sont concentrés dans quelques communes. La donnée doit donc être rapprochée d'autres éléments : maillage territorial, offre de transport, densité de population, âge des praticiens, attractivité du territoire et présence de structures de soins non programmés.

Dans les débats publics, l'expression désert médical est souvent utilisée pour désigner des réalités différentes. Elle peut renvoyer à l'absence de médecin à proximité, à la difficulté de trouver un praticien acceptant de nouveaux patients, à des délais de consultation élevés ou à l'éloignement des spécialistes. Le nombre de patients par généraliste couvre surtout la pression exercée sur les médecins traitants déclarés. C'est une pièce du diagnostic, pas le diagnostic entier.

Les départements avec les patientèles moyennes les plus faibles

À l'autre extrémité des données fournies, les Hautes-Alpes affichent 694 patients par médecin traitant, soit le niveau le plus faible du tableau. La Savoie suit avec 772 patients, puis les Pyrénées-Atlantiques avec 798. Plusieurs départements littoraux ou touristiques apparaissent aussi dans cette partie du classement, dont les Bouches-du-Rhône, la Gironde, le Finistère, les Alpes-Maritimes et l'Hérault.

Ces chiffres ne doivent pas être interprétés comme une absence de difficulté. Dans un département de montagne, de littoral ou de forte fréquentation saisonnière, la moyenne annuelle peut masquer des tensions localisées ou temporaires. Les habitants de communes éloignées des pôles médicaux peuvent rencontrer des obstacles concrets, même si le ratio départemental paraît favorable. Pour suivre d'autres indicateurs territoriaux, le lecteur peut consulter les dossiers publiés sur regions-et-departements.fr.

Départements avec les plus faibles patientèles moyennes par médecin traitant
Rang dans les données Département Code Patients par médecin traitant Évolution annuelle
1 Hautes-Alpes 5 694 -0,3 %
2 Savoie 73 772 -0,9 %
3 Pyrénées-Atlantiques 64 798 -2,7 %
4 Bouches-du-Rhône 13 813 -0,1 %
5 Gironde 33 840 -0,5 %
6 Finistère 29 842 -0,7 %
7 Bas-Rhin 67 850 -1,3 %
8 Alpes-de-Haute-Provence 4 861 -0,3 %
9 Alpes-Maritimes 6 876 0,2 %
10 La Réunion 974 880 -1,2 %
11 Tout département 999 880 -1,2 %
12 Hérault 34 882 1,0 %

La ligne libellée Tout département apparaît dans les données avec 880 patients par médecin traitant et une évolution annuelle de -1,2 %. Elle doit être lue comme un repère agrégé fourni dans le jeu de données, et non comme un département comparable aux autres lignes. Sa présence aux côtés de La Réunion, qui affiche aussi 880 patients, invite à ne pas transformer mécaniquement le tableau en classement administratif strict sans vérifier la structure de la source.

Des évolutions annuelles à interpréter avec méthode

Les évolutions annuelles apportent un éclairage complémentaire, mais elles ne suffisent pas à qualifier la situation. La Nièvre présente par exemple 1384 patients par médecin traitant, avec une évolution de -5,8 %. Ce recul peut signaler une détente relative de la charge moyenne, mais le niveau reste parmi les plus élevés des données fournies. À l'inverse, l'Yonne progresse de 2,1 % avec 1329 patients, ce qui peut traduire une tension qui se renforce, sans que l'on puisse en déduire la cause exacte.

Dans le bas de tableau, la plupart des évolutions sont négatives ou proches de la stabilité. Les Pyrénées-Atlantiques affichent -2,7 %, les Bouches-du-Rhône -0,1 %, la Gironde -0,5 % et le Finistère -0,7 %. L'Hérault fait exception avec 1,0 %, tandis que les Alpes-Maritimes progressent de 0,2 %. Ces variations restent à replacer dans le contexte local, car une hausse faible dans un territoire très peuplé peut avoir des effets différents d'une hausse comparable dans un territoire moins dense.

La bonne méthode consiste à croiser trois lectures. La première porte sur le niveau de patientèle : un chiffre élevé signale une charge moyenne importante. La deuxième porte sur la tendance annuelle : une hausse peut indiquer une aggravation, une baisse peut indiquer un allègement ou un changement de périmètre. La troisième porte sur la géographie fine : les habitants ne consultent pas une moyenne départementale, ils cherchent un cabinet accessible depuis leur commune, leur quartier ou leur lieu de travail.

Pourquoi le classement départemental ne suffit pas

Le département reste une échelle utile pour comparer les territoires et identifier les zones à surveiller. Il correspond aussi à une maille familière pour les politiques publiques, les habitants et les élus. Mais l'accès aux soins se joue souvent à une échelle plus fine. Deux communes d'un même département peuvent connaître des situations opposées selon la présence d'une maison de santé, le départ récent d'un généraliste ou l'arrivée d'un nouveau praticien.

Les données disponibles ne précisent pas ici le nombre total de médecins, l'âge des praticiens, le volume de consultations, la part de médecins à temps partiel, ni le nombre d'habitants sans médecin traitant. Il serait donc abusif de construire un diagnostic complet à partir du seul ratio publié. Ce ratio reste néanmoins utile pour repérer les départements où la charge des généralistes est particulièrement forte, puis orienter une analyse plus détaillée.

La comparaison entre l'Eure-et-Loir et les Hautes-Alpes illustre cette prudence. Le premier territoire présente la patientèle moyenne la plus élevée des données fournies, le second la plus faible. Cette opposition ne signifie pas que chaque habitant des Hautes-Alpes dispose facilement d'un rendez-vous, ni que chaque commune d'Eure-et-Loir est également sous-dotée. Elle indique seulement que, à l'échelle départementale, le nombre moyen de patients déclarés par médecin traitant est très différent.

Un indicateur utile pour cibler les territoires sous tension

Pour les habitants, la question concrète reste simple : trouver un médecin traitant, obtenir un rendez-vous dans un délai compatible avec le besoin de soins, et bénéficier d'un suivi dans la durée. Les départements situés en haut du tableau doivent être observés de près, car une patientèle moyenne élevée peut rendre plus difficile l'accueil de nouveaux patients. Cela concerne autant des départements ruraux que des territoires de grande couronne ou de proche banlieue.

Pour les décideurs locaux, l'indicateur aide à prioriser les diagnostics, mais il doit être complété par des informations de terrain. Les maisons de santé, les communautés professionnelles territoriales de santé, les aides à l'installation, les délégations de tâches et l'organisation des soins non programmés peuvent modifier l'expérience réelle des patients. Sans ces éléments, le classement reste un signal statistique, pas une cartographie exhaustive de l'accès aux soins.

Les chiffres de l'Assurance Maladie montrent surtout que la tension n'a pas un seul visage. Elle peut prendre la forme d'une patientèle très élevée dans l'Eure-et-Loir, d'une charge importante et stable dans le Val-d'Oise, d'une hausse marquée dans l'Ain ou d'une situation apparemment plus favorable dans les Hautes-Alpes. Pour comprendre un territoire, il faut partir de ces données, puis descendre au niveau des bassins de vie, des cabinets disponibles et des besoins réels de la population.