Logements vacants 2026 : les départements où les maisons vides pèsent le plus lourd

Le classement des logements vacants 2026 ne raconte pas la même chose selon que l’on regarde le volume total de logements vides ou leur poids dans le parc local. Paris, le Nord et les Bouches-du-Rhône concentrent les plus grands nombres de logements vacants. Mais les taux les plus élevés se trouvent d’abord dans la Creuse, à Mayotte, en Guyane, dans la Nièvre ou dans l’Allier.
Les données utilisées ici proviennent de LOVAC 2020 à 2026, base du Ministère de la Transition écologique, mise à jour le 25 juin 2026. Elles permettent de comparer les départements à partir du nombre de logements vacants en 2026, du taux de vacance et, lorsque l’information est disponible dans les données fournies, de la vacance depuis plus de deux ans.
Il faut lire ces chiffres avec méthode. Un département urbain dense peut afficher un nombre très élevé de logements vacants parce que son parc total est important, sans pour autant être en tête en proportion. À l’inverse, un département moins peuplé peut compter moins de logements vides en valeur absolue, mais présenter une vacance beaucoup plus lourde dans son marché immobilier local.
Deux lectures complémentaires : volume et taux
Le premier classement mesure le nombre de logements vacants en 2026. Il met en avant les territoires où le stock de logements vides est le plus massif. Cette lecture intéresse directement les politiques de mobilisation du parc, car elle indique où se trouve le plus grand nombre de logements potentiellement concernés par une remise sur le marché, une rénovation, une succession bloquée, une mutation d’usage ou un arbitrage patrimonial.
Le second classement repose sur le taux de vacance. Il rapporte les logements vacants au parc du département. Cette approche donne une image plus fine de la tension ou du déséquilibre local. Un taux élevé peut traduire un marché détendu, une perte d’attractivité résidentielle, un parc ancien difficile à réhabiliter, des logements inadaptés à la demande, ou encore des situations administratives complexes. Les données ne permettent pas, à elles seules, de trancher entre ces causes. Elles permettent en revanche de localiser les départements où la vacance pèse le plus dans la structure du parc.
La distinction est essentielle. Dans les départements très peuplés, la vacance peut être élevée en nombre sans être exceptionnelle en taux. Dans certains territoires ruraux, ultramarins ou à faible croissance démographique, le phénomène est moins visible en volume national, mais beaucoup plus important localement. C’est cette double lecture qui évite de confondre masse statistique et intensité territoriale.
Les départements qui comptent le plus de logements vacants en 2026
En nombre de logements vacants, Paris arrive en tête avec 105 785 logements vacants en 2026 et un taux de vacance de 9,4 %. Le département se distingue aussi par 26 264 logements vacants depuis plus de deux ans. Ce résultat doit être lu dans le contexte particulier d’un parc très dense, d’un marché tendu et d’usages résidentiels diversifiés. Le chiffre brut reste néanmoins le plus élevé du classement fourni.
Le Nord suit avec 93 139 logements vacants, un taux de 9,2 % et 30 517 logements vacants depuis plus de deux ans. Les Bouches-du-Rhône occupent la troisième position avec 88 289 logements vacants, un taux de 9,3 % et 27 002 logements vides depuis plus de deux ans. Ces trois départements associent un parc important, de grandes centralités urbaines et des marchés immobiliers internes très contrastés.
| Rang | Département | Logements vacants en 2026 | Taux de vacance 2026 | Vacants depuis plus de deux ans |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Paris | 105 785 | 9,4 % | 26 264 |
| 2 | Nord | 93 139 | 9,2 % | 30 517 |
| 3 | Bouches-du-Rhône | 88 289 | 9,3 % | 27 002 |
| 4 | Gironde | 69 926 | 8,3 % | 21 408 |
| 5 | Alpes-Maritimes | 68 157 | 8,9 % | 20 241 |
| 6 | Rhône | 65 748 | 8,0 % | 16 786 |
| 7 | Hérault | 64 785 | 9,0 % | 19 503 |
| 8 | Var | 60 459 | 8,4 % | 17 460 |
| 9 | Haute-Garonne | 58 074 | 8,2 % | 15 376 |
| 10 | Hauts-de-Seine | 53 083 | 8,2 % | 10 890 |
La suite du classement confirme le poids des départements urbains et littoraux. La Gironde compte 69 926 logements vacants, les Alpes-Maritimes 68 157, le Rhône 65 748, l’Hérault 64 785 et le Var 60 459. La Haute-Garonne et les Hauts-de-Seine complètent ce groupe. Tous affichent des taux compris entre 8,0 % et 9,4 % dans les données fournies, ce qui les place dans une zone de vacance significative sans les faire apparaître parmi les taux les plus élevés du pays.
Le cas des logements vacants depuis plus de deux ans mérite une attention particulière. Cette vacance de longue durée est plus difficile à résorber qu’une vacance de courte transition entre deux occupants. Dans le classement en volume, le Nord présente le plus grand nombre fourni pour cette catégorie, avec 30 517 logements vacants depuis plus de deux ans. Les Bouches-du-Rhône et Paris suivent également à des niveaux élevés. Ces chiffres indiquent une partie du parc qui ne relève probablement pas seulement de la rotation normale du marché.
Les taux de vacance les plus élevés : Creuse, Mayotte et Guyane en tête
Le classement par taux modifie fortement la hiérarchie. La Creuse affiche un taux de vacance de 17,6 % avec 15 150 logements vacants. Mayotte présente le même taux, 17,6 %, avec 3 973 logements vacants. La Guyane atteint 16,4 % pour 12 028 logements vacants. Ces trois territoires illustrent des situations très différentes, mais ils ont en commun une part très élevée de logements vacants dans leur parc.
La Nièvre, l’Allier, l’Indre, la Haute-Marne, l’Aveyron, la Meuse et le Cantal complètent le haut du classement par taux. Ici, les volumes sont nettement inférieurs à ceux observés à Paris, dans le Nord ou dans les Bouches-du-Rhône, mais la vacance pèse davantage dans le parc local. La lecture territoriale est donc différente : le sujet n’est pas seulement le nombre total de logements vides, mais leur poids dans des marchés parfois peu tendus, vieillissants ou confrontés à des besoins de réhabilitation.
| Rang | Département | Logements vacants en 2026 | Taux de vacance 2026 | Part vacante depuis plus de deux ans |
|---|---|---|---|---|
| 1 | Creuse | 15 150 | 17,6 % | 58,6 % |
| 2 | Mayotte | 3 973 | 17,6 % | 58,2 % |
| 3 | Guyane | 12 028 | 16,4 % | 57,6 % |
| 4 | Nièvre | 21 188 | 15,9 % | 54,0 % |
| 5 | Allier | 30 690 | 15,1 % | 52,3 % |
| 6 | Indre | 18 445 | 14,8 % | 51,7 % |
| 7 | Haute-Marne | 12 843 | 14,7 % | 53,3 % |
| 8 | Aveyron | 26 566 | 14,3 % | 52,9 % |
| 9 | Meuse | 13 010 | 14,2 % | 53,0 % |
| 10 | Cantal | 13 666 | 13,9 % | 54,3 % |
La part des logements vacants depuis plus de deux ans est particulièrement élevée dans ce classement. Elle atteint 58,6 % dans la Creuse, 58,2 % à Mayotte et 57,6 % en Guyane. Dans les autres départements cités, elle reste supérieure à la moitié des logements vacants. Ce point est important : un logement vide depuis plus de deux ans renvoie souvent à une situation plus durable qu’une vacance de marché classique. Les données ne détaillent pas les causes logement par logement, il faut donc rester prudent sur l’interprétation.
Pourquoi les grands volumes ne coïncident pas avec les plus forts taux
Le décalage entre les deux tableaux vient du dénominateur. Un département comme Paris peut compter plus de 100 000 logements vacants tout en affichant un taux inférieur à celui de la Creuse, parce que son parc total est beaucoup plus important. À l’inverse, un département au parc plus réduit peut présenter un taux très élevé avec un volume moindre. Le classement par nombre répond à la question : où sont les plus gros stocks ? Le classement par taux répond à une autre question : où la vacance pèse-t-elle le plus dans le parc local ?
Cette différence a des conséquences pour l’action publique. Dans un grand département urbain, même un taux autour de 8 % ou 9 % peut représenter des dizaines de milliers de logements. Les enjeux portent alors sur l’identification fine des biens, la fiscalité, l’encadrement des usages, la réhabilitation et la remise en location. Dans un département où le taux dépasse 13 % ou 15 %, le sujet peut davantage toucher à l’attractivité résidentielle, à l’état du bâti, à l’éloignement des services ou à l’adéquation entre l’offre et la demande.
Il ne faut pas non plus confondre logement vacant et logement immédiatement mobilisable. La vacance peut correspondre à un bien en travaux, en attente de vente, en succession, inhabitable sans rénovation, non raccordé à certains standards actuels ou simplement sans occupant à la date observée. Les données LOVAC signalent un état statistique, pas une disponibilité opérationnelle immédiate. C’est pourquoi l’analyse départementale doit idéalement être complétée par une lecture communale, par l’ancienneté du bâti et par la situation juridique des biens.
Ce que permet, et ne permet pas, la base LOVAC
La base données LOVAC constitue un outil utile pour suivre la vacance résidentielle dans le temps et comparer les territoires selon des indicateurs homogènes. Dans les faits disponibles ici, elle donne le nombre de logements vacants en 2026, le taux de vacance et, selon les classements, soit le nombre de logements vacants depuis plus de deux ans, soit leur part dans l’ensemble des logements vacants. La note de source à retenir est la suivante : données LOVAC 2020 à 2026 du Ministère de la Transition écologique, mise à jour 25 juin 2026.
En revanche, les données fournies ne donnent pas toutes les ventilations possibles. Elles ne précisent pas, dans cet extrait, la répartition par commune, par type de propriétaire, par ancienneté du logement, par état du bâti ou par motif de vacance. Il serait donc imprudent d’affirmer, pour un département donné, qu’un taux élevé provient principalement d’un seul facteur. La bonne méthode consiste à formuler des hypothèses, puis à les confronter à des informations locales.
Pour suivre d’autres classements territoriaux, l’entrée par département reste pertinente, car elle permet de comparer des périmètres administratifs stables. Sur regions-et-departements.fr, cette approche facilite la lecture croisée entre logement, démographie, économie locale et organisation territoriale. Dans le cas des logements vacants, le département donne une première hiérarchie, mais il ne remplace pas l’analyse à l’échelle des communes et des intercommunalités.
Les territoires à surveiller en priorité
Les départements les plus concernés ne sont pas seulement ceux qui affichent les plus gros volumes. Paris, le Nord et les Bouches-du-Rhône concentrent des stocks importants, avec plus de 88 000 logements vacants chacun dans les données fournies. Ces territoires justifient une attention forte en raison de l’effet de masse : même une mobilisation partielle peut concerner un nombre élevé de logements.
Mais les départements à plus fort taux appellent une autre lecture. La Creuse, Mayotte, la Guyane, la Nièvre ou l’Allier se distinguent par une vacance proportionnellement plus lourde. La part de logements vacants depuis plus de deux ans y est également élevée dans les données disponibles. Cela signale des situations plus installées, qui ne se résolvent pas uniquement par la rotation naturelle du marché immobilier.
Un classement départemental des logements vacants doit donc toujours être lu avec ces deux lunettes : le volume pour mesurer l’ampleur du stock, le taux pour mesurer la pression relative sur le parc local. En 2026, les grands départements urbains dominent les volumes, tandis que plusieurs territoires ruraux ou ultramarins dominent les taux. C’est ce croisement qui donne l’image la plus robuste du phénomène, sans réduire la vacance à un seul chiffre.